Lentement, je sors de ma torpeur, la mine défaite, le sourire absent. Torturée, j'envoie valser les canards enchainés & déchainés. The game is over, over. Un malin plaisir me prend de me défenestrer de ce cinq cent vingtième étage, du gratte-ciel le plus haut de la ville, qui m'a toujours parut teinté d'un faux air.- Ce vaste blog de béton se perdant dans les nuages, en effet n'est autre qu'un monstre de grandeur détruisant le paysage.- Lentement, mon corps de déplie dans les airs. Mon dieu, c'est d'une beauté resplendissante. L'esquisse d'un sourire ose même se pointer sur mon visage. Je vole. Je vole ! Et puis ... Boum. Un bruit sec et violent se fait entendre. Et puis je me vois, oui, enfin ce qu'il reste de moi, là, étalé sur le pavé. Un drôle de mélange de sang, de particules de poussière et de goudron apparaît à la vue des passants poussant des hurlements sourds. Enfin, je crois. Je n'entends pas leurs cris, mais je vois leurs visages se déformer sous l'effroi. J'imagine qu'ils doivent avoir peur, très peur. Mais moi, je souris. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. Libérée de mon corps, de ce corps qui me prenait en otage. Libérée de ce corps-cage qui paralysait toutes mes envies extraordinaires, dans le premier sens du terme. Je hais ces gens qui se faisaient passer pour mes « proches », qui pleurent devant mon corps dénué de vie. Ne comprennent-ils pas que cette vie n'était pas la mienne? Qui sont-ils pour ne pas avoir compris ce qui m'entrainait à préférer la mort à la vie? "La vérité c'est comme l'exil, on est tout seul à la partager.... Le silence est ce qui me ronge." Je n'existe plus à présent. "Je vous l'promets, vous ne me reverrez jamais".